La Communauté urbaine de Douala a lancé, jeudi 15 octobre 2026, une opération de sensibilisation et de contrôle des conducteurs de motos-taxis et de tricycles sur l’ensemble du territoire de la ville. Le communiqué radio-presse, signé le 14 octobre par le maire, Roger Mbassa Ndine, inscrit la démarche dans le renforcement de la sécurité routière et l’amélioration de la mobilité urbaine.

Le texte rappelle l’obligation de respecter les feux tricolores et les règles de circulation, le port du casque de protection et l’interdiction de conduire en babouches ou avec des chaussures inadaptées. Les conducteurs sont encouragés à porter des chaussures fermées et la chasuble réglementaire qui permet leur identification. Les engins doivent disposer de rétroviseurs et de clignotants en état de marche. Les automobilistes sont invités à suivre les consignes données aux carrefours concernés.

Des équipes mixtes assurent le terrain. Elles réunissent la police municipale, les ambassadeurs du bon ordre urbain et les représentants des organisations de motos-taxis. Leur mission consiste à sensibiliser conducteurs et usagers aux prescriptions en vigueur. Le communiqué ne mentionne ni calendrier de sanctions ni montant d’amende.

L’enjeu économique pèse lourd. Une étude diagnostique présentée en mars 2025 par la Société financière internationale (IFC) et la Communauté urbaine établit que les motos-taxis assurent 61 % des déplacements à Douala. Le secteur compte plus de 100 000 conducteurs, dont plus de 90 % exercent dans l’informel. Il est associé à 30 à 40 % des accidents sur la voie publique. Le programme Cameroon Ride Hailing, qui accompagne la professionnalisation, est financé par l’IFC à hauteur de 650 000 dollars, soit un peu plus de 390 millions de FCFA.

L’opération prolonge une série de mesures. Un communiqué du 30 mars 2026 avait annoncé, à compter du 2 avril, des contrôles systématiques et inopinés à Akwa, Bali et Bonapriso, avec exigence de documents à jour et de la chasuble homologuée. Côté enrôlement, la Communauté urbaine faisait état en juin 2025 de plus de 10 000 conducteurs enregistrés sur une plateforme numérique, chacun recevant un QR code au dos de sa chasuble. Le dispositif sort donc de la phase pilote pour couvrir toute la ville.

Pour les conducteurs, la conformité représente un coût. Chasuble, équipements, documents et chaussures s’ajoutent aux charges d’exploitation, supportées sur des revenus journaliers. Pour la collectivité, l’identification des opérateurs élargit une base fiscale peu structurée et améliore la traçabilité d’une activité qui absorbe une part importante de l’emploi des jeunes.

Le maire précise que ces mesures ne visent pas à entraver l’activité de transport, mais à protéger les vies humaines et à réduire les risques d’accidents. Les émeutes de 2008, nées d’une grogne des motos-taxis contre la hausse des carburants, rappellent toutefois la sensibilité du secteur. La suite dépendra du calendrier de la phase répressive, de l’accès des conducteurs aux équipements et du niveau d’enrôlement atteint.

Chaîne EDC

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