Des informations officielles, l’on apprend qu’un train voyageurs a percuté un camion. « Le 10 octobre 2026, aux environs de 10 heures, le Train 192Ve en provenance de Ngaoundéré pour Yaoundé, a heurté un camion-benne immobilisé sur la voie ferrée au PK 291+200, dans le canton d’Obala. Le véhicule, immatriculé CE 601 OU et chargé de sable, se trouvait au niveau d’un passage à niveau clandestin. Selon les informations communiquées à Camrail, le chauffeur n’a pas été retrouvé sur les lieux. »

Les circonstances de l’immobilisation du poids lourd relèvent des enquêtes de la police spéciale du chemin de fer. Mais précise Camrail, la locomotive CC3310 a subi des dommages importants, notamment sur plusieurs équipements mécaniques, sur la passerelle et sur des composants électriques. Le conducteur a signalé un manque de traction. Aucune victime humaine n’a été enregistrée.

L’exploitation a été perturbée plusieurs heures. Une locomotive de secours, la CC3308, a été engagée à 11 h 45. Le train a été dégagé à Yaoundé à 14 h 13 et la voie déclarée rétablie à 14 h 35. Une limitation de vitesse à 20 km/h a été appliquée entre les PK 291+000 et 291+500. La CC3310 a ensuite rejoint Douala à bord du Train 202Sa, parti le 11 octobre à 0 h 55, en vue d’une intervention technique.

Sur le plan financier, Camrail se garde de chiffrer le sinistre. L’entreprise indique que la réparation d’une locomotive après un incident de cette nature peut atteindre 50 millions de FCFA, voire davantage. Elle précise qu’il s’agit d’un ordre de grandeur et non du coût arrêté pour la CC3310. Au-delà du matériel endommagé, elle souligne que ce type d’accident mobilise d’importantes ressources humaines, techniques et opérationnelles pour sécuriser les lieux, dégager la voie et rétablir le trafic. Pour une concession qui assure le transport de marchandises sur l’axe stratégique reliant Douala, Yaoundé et le nord du pays, chaque heure d’immobilisation pèse sur la régularité des circulations.

Camrail a annoncé un retour d’expérience destiné à renforcer la prévention. La première mesure concerne la fermeture du passage clandestin où s’est produite la collision. L’entreprise prévoit aussi un recensement et une cartographie des traversées illicites sur l’ensemble du réseau afin d’identifier les situations les plus critiques. Dans son avis public du 12 octobre 2026, elle avait fait état de près de 200 passages clandestins identifiés. Un contrôle régulier des dispositifs de fermeture doit en outre prévenir toute réouverture.

D’autres actions complètent ce dispositif. Camrail veut repérer les zones à visibilité réduite et renforcer le débroussaillage lorsque cela est nécessaire. Elle entend intensifier la sensibilisation auprès des riverains, des transporteurs et des conducteurs d’engins, et rappeler aux populations les procédures d’alerte pour signaler tout obstacle sur la voie. Le renforcement de la sécurité des équipements essentiels à l’exploitation et la poursuite de la formation continue des personnels de conduite face aux situations imprévues figurent aussi au programme. L’entreprise dit travailler avec les autorités, les collectivités et les populations riveraines.

Le volet judiciaire pourrait peser lourd pour les responsables. Camrail rappelle que l’article 156 de la loi n° 2023/010 du 25 juillet 2023 prévoit jusqu’à deux ans d’emprisonnement et une amende de 100 000 à 25 millions de FCFA pour toute personne qui encombre la voie ferrée ou une voie de circulation. Ces peines peuvent être prononcées cumulativement ou séparément. Le même article prévoit que l’autorité administrative saisie fait dégager la voie sans délai, aux frais de l’auteur des faits, sans préjudice des poursuites pénales.

L’entreprise ferroviaire demande aux riverains et aux usagers de la route de ne jamais s’engager sur la voie en dehors des passages autorisés, de ne stationner aucun véhicule sur les emprises et de signaler immédiatement tout obstacle. L’entreprise martèle que la sécurité ferroviaire est l’affaire de tous. « Camrail déplore cet incident et les perturbations qu’il a occasionnées. L’entreprise rappelle que toute présence ou tout obstacle sur la voie ferrée expose les personnes et les circulations à un risque grave. La sécurité ferroviaire repose sur le respect des emprises, des installations et des points de traversée autorisés. »

En rappel, l’on indique par passage à niveau clandestin des points de traversée qui ne sont pas aménagés ni autorisés comme passage ferroviaire. « Ces traversées exposent leurs utilisateurs et les circulations ferroviaires à des risques importants », insiste Camrail.

Chaîne EDC