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	<title>économie du cameroun Archives - Economie Du Cameroun</title>
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	<title>économie du cameroun Archives - Economie Du Cameroun</title>
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	<item>
		<title>Banque : Société Générale cède 60,22 % de sa filiale ghanéenne à Attijariwafa bank</title>
		<link>https://economieducameroun.info/2026/10/06/banque-societe-generale-cede-6022-de-sa-filiale-ghaneenne-a-attijariwafa-bank/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[EDC]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Oct 2026 18:44:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le groupe marocain s&#8217;offre le contrôle d&#8217;un établissement coté à Accra, avec SSNIT comme coactionnaire. L&#8217;accord reste soumis aux feux verts des autorités du Maroc et du Ghana. Attijariwafa bank a signé un accord en vue d’acquérir 55,22 % du capital de Société Générale Ghana, de sources officielles datées de Casablanca le 1er &#160;octobre 2026. [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le groupe marocain s&rsquo;offre le contrôle d&rsquo;un établissement coté à Accra, avec SSNIT comme coactionnaire. L&rsquo;accord reste soumis aux feux verts des autorités du Maroc et du Ghana.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Attijariwafa bank a signé un accord en vue d’acquérir <strong>55,22 % du capital de Société Générale Ghana</strong>, de sources officielles datées de Casablanca le 1<sup>er</sup> &nbsp;octobre 2026. <strong>Le groupe Société Générale cède au total 60,22 % de sa filiale. Les 5 % restants reviennent à SSNIT, le Social Security and National Insurance Trust.</strong> L’opération est conditionnée à l’obtention des « autorisations réglementaires et boursières requises auprès des autorités compétentes au Maroc et au Ghana ». À son issue, Attijariwafa bank « détiendra une participation majoritaire dans Société Générale Ghana et en assurera le contrôle ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les sources officielles ne communiquent ni le prix de cession ni le calendrier de finalisation. Le seul repère de valeur disponible est la capitalisation boursière de Société Générale Ghana, qui s’établit à 3,9 milliards de GHS au 29 septembre 2026, soit 1,5 fois ses fonds propres de 2,6 milliards de GHS.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Basée à Accra, la banque universelle emploie plus de 500 collaborateurs et exploite 40 agences réparties dans 24 villes. Au 31 décembre 2025, elle affiche un produit net bancaire de 1,356 milliard de GHS, un résultat net de 397 millions de GHS et un total bilan de 9,7 milliards de GHS. Au taux interbancaire à l’achat de la Bank of Ghana à cette date, soit 10,4448 GHS pour 1 USD, le produit net bancaire équivaut à environ 130 millions de dollars. Le résultat net absorbe 29 % du produit net bancaire et correspond à 15 % des fonds propres, des ratios qui situent l’actif que le groupe marocain ajoute à son réseau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le second acquéreur occupe une place à part dans le montage. SSNIT est l’organisme public qui gère le régime de retraite obligatoire au Ghana. Il administre les cotisations des travailleurs du secteur formel et verse les pensions et prestations sociales à ses assurés. Les sources officielles lui attribuent un rôle clé « dans la mobilisation de l’épargne longue et le financement de l’économie nationale ». Avec 5 %, SSNIT reste loin de la majorité, mais devient l’actionnaire de référence aux côtés du futur contrôlant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mohamed El Kettani, président directeur général d’Attijariwafa bank, inscrit l’opération dans la stratégie continentale du groupe. « La signature de cet accord reflète la confiance que nous accordons aux perspectives de développement du Ghana ainsi qu’à la qualité de Société Générale Ghana », déclare-t-il. Il ajoute que l’accord « témoigne de notre engagement de long terme en faveur de l’accompagnement des économies de nos pays de présence ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le dirigeant met en avant l’expérience d’intégration du groupe. « Nous sommes convaincus que l’expertise de notre institution, et notre longue expérience réussie dans l’intégration des banques acquises au sein de notre Groupe permettront de poursuivre le développement de Société Générale Ghana, au bénéfice de ses clients, de ses collaborateurs et de l’ensemble de ses partenaires », affirme-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mohamed El Kettani précise la méthode retenue. « Nous conduirons cette opération dans un esprit de continuité, en nous appuyant sur les atouts de Société Générale Ghana, la qualité de ses équipes et son ancrage sur le marché ghanéen », indique-t-il. Il fixe aussi un objectif commercial, celui de « renforcer les échanges économiques entre le Ghana et le Maroc, mais aussi les autres pays de présence du Groupe ». Le Cameroun figure parmi ces pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Attijariwafa bank emploie plus de 22 000 collaborateurs et gère un portefeuille de plus de 12 millions de clients à travers plus de 8 000 agences. Le groupe opère dans 27 pays, dont 14 en Afrique, parmi lesquels le Cameroun, le Congo, le Gabon, &nbsp;le Tchad pour l’espace CEMAC. Les sources officielles présentent l’opération comme le moyen de renforcer la présence du groupe « en Afrique anglophone » et de poursuivre le déploiement de son modèle de banque universelle sur le continent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Société Générale, la cession de 60,22 % de sa filiale ghanéenne s’ajoute aux mouvements de retrait d’actifs africains.</p>
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		<title>Cédric Ketchanga : gasoil au Cameroun, l’importation coûte 146,93 FCFA de plus que la vente à la pompe</title>
		<link>https://economieducameroun.info/2026/10/05/cedric-ketchanga-gasoil-au-cameroun-limportation-coute-14693-fcfa-de-plus-que-la-vente-a-la-pompe/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[EDC]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 Oct 2026 08:56:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Afrique économie]]></category>
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		<category><![CDATA[économie du cameroun]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le soutien de l&#8217;État au litre passe de 109,22 à 430,30 FCFA entre juillet et octobre 2026. La chronique de l’expert chiffre l&#8217;écart entre prix de revient et prix administré, et situe le risque côté Trésor. Economie du Cameroun partage avec vous l’économie de cette tribune parue sur le compte LinkedIn de cet expert Directeur [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le soutien de l&rsquo;État au litre passe de 109,22 à 430,30 FCFA entre juillet et octobre 2026. La chronique de l’expert chiffre l&rsquo;écart entre prix de revient et prix administré, et situe le risque côté Trésor. Economie du Cameroun partage avec vous l’économie de cette tribune parue sur le compte LinkedIn de cet expert Directeur financier et entrepreneur actif dans les secteurs des mines, des infrastructures, de l’immobilier et du sport.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le gasoil importé revient à 974,93 FCFA le litre alors que le prix à la pompe à Douala est maintenu à 828 FCFA. L’écart de 146,93 FCFA par litre inverse la logique de la chaîne aval, puisque le produit coûte davantage à l’entrée du dépôt qu’à la sortie de la station. Cédric Ketchanga établit ce constat dans sa chronique mensuelle d’octobre 2026.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce différentiel est absorbé par le mécanisme de soutien. <strong>Le remboursement versé par l’État passe de 109,22 FCFA le litre en juillet à 430,30 FCFA en octobre, soit 321,08 FCFA de plus en trois mois</strong>. Le soutien unitaire excède l’écart brut entre coût d’importation et prix à la pompe, ce qui suppose que la compensation couvre aussi les autres composantes de la structure de prix, entre fiscalité, marges des marketeurs et frais logistiques. Le consommateur ne voit aucune variation à la station, le Trésor la porte intégralement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un régime de prix administrés, les fluctuations du coût CAF ne se transmettent plus au détail. Elles se déplacent vers la ligne de subvention du budget, qui joue le rôle d’amortisseur pour les transporteurs, les opérateurs de dépôts et les distributeurs. Le gasoil alimente les camions, les groupes électrogènes et les engins de chantier, ce qui explique la sensibilité du dossier. La stabilité du prix affiché repose sur un transfert financier dont le montant évolue avec les cotations du produit raffiné et le taux de change.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img width="669" height="1004"  alt="" class="wp-image-8624"/ loading="eager" fetchpriority="high" decoding="async" src="https://economieducameroun.info/wp-content/uploads/2026/10/Chronique-1.jpg" srcset="https://economieducameroun.info/wp-content/uploads/2026/10/Chronique-1.jpg 669w, https://economieducameroun.info/wp-content/uploads/2026/10/Chronique-1-200x300.jpg 200w, https://economieducameroun.info/wp-content/uploads/2026/10/Chronique-1-233x350.jpg 233w, https://economieducameroun.info/wp-content/uploads/2026/10/Chronique-1-266x399.jpg 266w, https://economieducameroun.info/wp-content/uploads/2026/10/Chronique-1-640x960.jpg 640w" sizes="(max-width: 669px) 100vw, 669px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Le paradoxe tient à la position du pays dans la filière. <strong>Le Cameroun produit du pétrole brut mais importe une grande partie des produits raffinés qu’il consomme</strong>. <strong>Au premier trimestre 2026, les importations d’hydrocarbures atteignent 274,3 Md FCFA, en hausse de 2,5 %, tandis que les recettes d’exportation de brut s’établissent à 144 Md FCFA, en recul de 14,4 %.</strong> Les achats extérieurs représentent ainsi environ 1,9 fois les recettes du brut exporté, soit un solde négatif de 130,3 Md FCFA sur le seul trimestre. <strong>Le pays cède du brut en amont et rachète du produit fini en aval, ce qui pèse sur la balance des paiements.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le verrou structurel se situe au raffinage. <strong>La Société nationale de raffinage (Sonara), à Limbé, ne couvre pas la demande intérieure et la dépendance aux importations de produits raffinés persiste</strong>. Le programme PARRAS 24 prévoit la remise en état progressive de la raffinerie. Tant que les unités de distillation et de conversion ne retrouvent pas leur régime nominal, le marché reste preneur de gasoil à parité import, avec une facture indexée sur les cotations internationales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le risque est d’abord budgétaire. La question dépasse le prix à la pompe et porte sur le coût collectif de la stabilité artificielle des prix. Le Fonds monétaire international estime que la politique de subvention réduit les effets immédiats du choc sur les consommateurs, mais souligne dans le même temps la nécessité de réformer le mécanisme de fixation des prix et de mieux cibler les aides sociales. Concrètement, cela renvoie à une formule d’ajustement lisible, à une trajectoire de résorption de la subvention et à des transferts dirigés vers les ménages exposés plutôt qu’à une compensation généralisée au litre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec un soutien multiplié par près de quatre entre juillet et octobre, la soutenabilité de la dépense devient le sujet central pour l’exécution de la loi de finances et la trésorerie de l’État.</p>
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		<title>Dr. Ayissi Etoh: la fiscalité doit reposer sur un principe, chacun contribue selon sa capacité et chacun doit voir l’utilité de sa contribution</title>
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		<dc:creator><![CDATA[EDC]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 03 Oct 2026 13:11:15 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[bon à savoir]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Cameroun cherche à améliorer la mobilisation de ses recettes publiques. Pourquoi la collecte fiscale reste-t-elle un enjeu aussi important pour notre économie et pour le financement du développement ? Je dirais d’abord que l’impôt n’est pas simplement une obligation du citoyen : c’est l’un des instruments fondamentaux de financement de l’État et donc du [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le Cameroun cherche à améliorer la mobilisation de ses recettes publiques. Pourquoi la collecte fiscale reste-t-elle un enjeu aussi important pour notre économie et pour le financement du développement ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je dirais d’abord que l’impôt n’est pas simplement une obligation du citoyen : c’est l’un des instruments fondamentaux de financement de l’État et donc du développement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2026, le FMI estime les recettes fiscales du gouvernement central camerounais se chiffrent à environ <strong>12,1 % du PIB</strong>. C’est encore relativement faible au regard des besoins du pays. Dans le même temps, les dépenses publiques doivent financer l’éducation, la santé, les routes, l’énergie, la sécurité, la décentralisation et l’investissement productif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La théorie des finances publiques nous enseigne qu’un État qui dispose d’une base fiscale insuffisante a trois choix : réduire ses dépenses, s’endetter davantage ou augmenter progressivement ses recettes. Or l’endettement a lui-même un coût.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le problème n’est donc pas simplement de <strong>faire payer davantage ceux qui paient déjà</strong>. Il faut élargir l’assiette fiscale, réduire les fuites, moderniser l’administration et améliorer le civisme fiscal.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour moi, la fiscalité doit reposer sur un principe simple : <strong>chacun contribue selon sa capacité, et chacun doit pouvoir voir l’utilité de sa contribution</strong>. C’est ainsi que l’on construit progressivement la confiance entre le citoyen et l’État.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment faut-il évaluer une exonération fiscale ? Quels critères économiques devraient permettre de déterminer si une entreprise ou un secteur mérite réellement un avantage fiscal?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À mon sens, une exonération fiscale doit être considérée comme un <strong>investissement public</strong>, et non comme un cadeau fiscal. La question fondamentale est donc, combien l’État renonce-t-il à percevoir, et quel bénéfice économique et social obtient-il en retour ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut au minimum cinq critères : <strong>l’investissement réellement réalisé, les emplois créés, la valeur ajoutée locale, les exportations et les recettes fiscales futures</strong>. Il faut également vérifier l’additionnalité : l’entreprise aurait-elle investi sans l’avantage fiscal ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>C’est important parce que le FMI estime les dépenses fiscales du Cameroun à environ 1,8 % du PIB, soit 14,1 % des recettes fiscales non pétrolières. Certaines exonérations n’ont pas produit les investissements ou emplois attendus</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je proposerais donc des exonérations <strong>ciblées, temporaires, transparentes et évaluées périodiquement</strong>, avec une clause d’extinction automatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’objectif n’est pas de supprimer les incitations à l’investissement, mais de faire en sorte que <strong>chaque franc CFA de recette abandonnée produise un bénéfice économique supérieur à son coût budgétaire</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’évasion et la fraude fiscales privent-elles davantage l’État de ressources que le niveau relativement faible de certains taux d’imposition ? Et quels sont leurs effets sur la concurrence entre entreprises formelles ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut distinguer le <strong>niveau du taux d’imposition</strong> de la capacité réelle à collecter l’impôt. Un taux élevé avec une faible conformité peut rapporter moins qu’un taux raisonnable appliqué à une base fiscale large.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cas camerounais est révélateur : le ratio des recettes fiscales du gouvernement central est d’environ <strong>12 % du PIB</strong>, alors que le FMI estime qu’un ratio inférieur à 15 % peut compliquer le financement durable des fonctions essentielles de l’État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La fraude et l’évasion créent surtout un problème de <strong>neutralité fiscale</strong>. L’entreprise formelle qui déclare correctement ses revenus, paie ses cotisations et respecte les normes supporte des coûts que son concurrent qui dissimule une partie de son activité peut éviter. C’est une distorsion de concurrence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La solution n’est cependant pas de multiplier les contrôles indistinctement. Il faut digitaliser, croiser les données fiscales et douanières, développer la facturation électronique et utiliser des contrôles fondés sur le risque. Le FMI souligne justement les progrès du Cameroun dans cette direction.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Notre principe doit être simple : <strong>élargir l’assiette plutôt qu’alourdir continuellement la charge de ceux qui paient déjà.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>&nbsp;On parle souvent de l’économie informelle comme d’un problème fiscal. Mais des millions de Camerounais en dépendent pour vivre. Comment élargir l’assiette fiscale sans transformer la fiscalité en une charge supplémentaire pour les petits commerçants, artisans, agriculteurs et travailleurs indépendants ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut d’abord changer de philosophie : <strong>l’économie informelle n’est pas seulement un problème fiscal ; c’est aussi un réservoir d’activité, d’emplois et d’entrepreneuriat</strong>. Notre objectif ne doit donc pas être de taxer davantage les plus petits, mais de formaliser progressivement l’activité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La théorie des finances publiques nous enseigne que l’élargissement de l’assiette est préférable à l’augmentation des taux. Or le Cameroun ne collecte qu’environ <strong>12 % du PIB en recettes fiscales centrales</strong>, selon le FMI en 2026.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je privilégierais une fiscalité simple et proportionnelle pour les très petites activités, avec des seuils adaptés, le paiement numérique et un coût administratif minimal. Mais surtout, <strong>la formalisation doit apporter quelque chose</strong> : accès au crédit, protection sociale, marchés publics, formation et sécurité juridique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut également mieux distinguer le petit vendeur de rue de la grande activité commerciale dissimulée. La justice fiscale exige cette proportionnalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Notre principe est donc clair : <strong>formaliser avant de fiscaliser fortement, accompagner avant de sanctionner, et élargir l’assiette plutôt qu’alourdir la charge des plus vulnérables.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>&nbsp;Le problème n’est-il pas également celui de la confiance ? Pourquoi un citoyen accepterait-il plus facilement de payer l’impôt s’il ne voit pas clairement le lien entre ce qu’il paie et la qualité des services publics qu’il reçoit ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Absolument. En finances publiques, nous parlons du <strong>contrat fiscal</strong> : le citoyen accepte l’impôt lorsqu’il estime que la contribution est équitable et que l’État transforme cette ressource en biens et services publics.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le FMI souligne en 2026 que l’absence de confiance réduit le consentement à l’impôt lorsque les citoyens ne voient pas d’amélioration tangible dans les infrastructures, la santé ou l’éducation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe même une donnée intéressante : une étude du FMI portant sur <strong>32 pays africains</strong> estime qu’une hausse de 1 % de la proportion de citoyens ayant peu ou pas confiance dans l’administration fiscale est associée à une baisse de <strong>0,22 % de l’efficacité de la TVA</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est pourquoi il faut agir sur les deux côtés : <strong>mieux collecter et mieux dépenser</strong>. Le citoyen doit pouvoir comprendre combien l’État collecte, où va l’argent et quels résultats sont obtenus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je défends donc une fiscalité fondée sur trois principes : <strong>équité, transparence et responsabilité</strong>. La confiance ne se décrète pas ; elle se construit lorsque le citoyen constate que son impôt devient effectivement une route, une école, un hôpital, de l’électricité ou une sécurité meilleure.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>&nbsp;Parlons des subventions. Les subventions, notamment celles liées aux produits énergétiques, sont-elles toujours le meilleur instrument pour protéger le pouvoir d’achat des populations, ou faudrait-il privilégier des mécanismes d’aide mieux ciblés ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je pense qu’il faut distinguer <strong>la protection du pouvoir d’achat</strong> et <strong>la subvention du prix</strong>. Une subvention généralisée peut sembler sociale, mais elle coûte cher au budget et profite aussi aux ménages qui consomment davantage d’énergie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le FMI recommande précisément pour le Cameroun de poursuivre la réforme des subventions aux carburants, avec un mécanisme automatique de fixation des prix accompagné d’une aide ciblée aux populations vulnérables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En finances publiques, le principe est celui de <strong>l’efficacité redistributive</strong> : avec une même dépense budgétaire, il vaut mieux transférer directement davantage aux ménages qui en ont réellement besoin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne propose donc pas de supprimer brutalement toute protection. Il faut une transition progressive : transferts sociaux ciblés, soutien temporaire au transport collectif, protection des activités essentielles et mécanismes de compensation lorsque les prix augmentent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le principe de Sauver Cameroun serait simple : <strong>protéger les personnes plutôt que subventionner indistinctement les prix</strong>. Et les économies réalisées doivent être réorientées vers l’éducation, la santé, l’énergie et les infrastructures productives.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Peut-on augmenter les recettes fiscales tout en réduisant la pression fiscale sur les entreprises qui investissent, créent des emplois et produisent localement ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, c’est précisément le sens d’une politique d’<strong>élargissement de l’assiette fiscale</strong>. Il ne s’agit pas nécessairement d’augmenter les taux, mais de faire contribuer une base économique plus large.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le FMI estime que les recettes fiscales centrales du Cameroun représentent environ <strong>12 % du PIB</strong>, avec un potentiel d’amélioration important. La productivité de l’impôt sur les sociétés est également faible : malgré un taux nominal de <strong>30 %</strong>, sa productivité est estimée à environ <strong>0,08</strong>, contre des médianes de 0,10 en Afrique subsaharienne et 0,12 dans les pays à revenu intermédiaire inférieur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela signifie qu’il faut agir sur la conformité, la digitalisation, la facturation électronique, le croisement des données, la lutte contre la fraude et la rationalisation des exonérations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En parallèle, les entreprises qui investissent réellement, créent des emplois et développent la production locale peuvent bénéficier d’incitations <strong>temporaires, transparentes et évaluables</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est une fiscalité de croissance : <strong>moins de pression sur l’activité productive, mais une assiette plus large et davantage de contribuables effectivement intégrés au système fiscal</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Au-delà de la collecte, la question est aussi celle de l’utilisation de l’argent public. Comment améliorer la transparence, la discipline budgétaire et l’efficacité de la dépense afin que chaque franc CFA supplémentaire collecté produise davantage de valeur économique et sociale ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est une question fondamentale. En finances publiques, <strong>mobiliser davantage de recettes n’a de sens que si chaque franc CFA supplémentaire est transformé en valeur publique</strong>. Le citoyen doit donc regarder les deux côtés du contrat fiscal : combien l’État collecte et comment il dépense.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le budget camerounais 2026 prévoit <strong>8 816 milliards FCFA</strong>, dont environ <strong>2 026 milliards d’investissements publics</strong>. Il faut maintenant mesurer non seulement les montants engagés, mais surtout les résultats obtenus : kilomètres de routes livrés, mégawatts supplémentaires, salles de classe construites, délais et coûts des projets.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je propose trois principes : <strong>transparence, contrôle et performance</strong>. Tous les grands projets doivent avoir un coût, un calendrier, des indicateurs et un responsable clairement identifiés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le FMI souligne encore des défis dans le contrôle des engagements, la gestion de trésorerie et les procédures exceptionnelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, la commande publique doit être davantage digitalisée et évaluée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La bonne gouvernance, ce n’est pas dépenser moins à tout prix : <strong>c’est obtenir davantage de résultats avec chaque franc dépensé.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Concrètement, si Sauver Cameroun devait mettre en œuvre une réforme globale des finances publiques, quelles seraient les mesures prioritaires ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous proposerions une réforme en <strong>cinq axes cohérents</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Premièrement, élargir l’assiette fiscale par la digitalisation, la facturation électronique, le croisement des données fiscales et douanières et une meilleure taxation de l’économie numérique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deuxièmement, revoir les exonérations : elles doivent être <strong>temporaires, transparentes, ciblées et évaluées</strong>. Le FMI estime que les incitations et exonérations représentent près de <strong>2 % du PIB</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Troisièmement, combattre la fraude et l’évasion fiscale avec des contrôles fondés sur le risque, plutôt qu’une pression indistincte sur les contribuables déjà en règle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quatrièmement, <strong>formaliser progressivement l’économie informelle</strong> : fiscalité simplifiée, paiement numérique, accès au crédit, protection sociale et accompagnement, avant toute sanction lourde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cinquièmement, réformer les subventions pour mieux cibler les ménages vulnérables et réorienter progressivement les économies vers l’éducation, la santé, l’énergie et les infrastructures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Notre philosophie est simple : <strong>élargir l’assiette, améliorer la dépense et renforcer la confiance</strong>. Nous ne voulons pas simplement demander davantage au citoyen ; nous voulons construire un État qui utilise mieux les ressources qui lui sont confiées.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Gestion publique : le Minepat autorisé à contracter une dette de 139,2 milliards de FCFA pour réhabiliter la route Douala-Bafoussam</title>
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		<pubDate>Sat, 03 Oct 2026 10:54:55 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Chiffres clés]]></category>
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<p class="wp-block-paragraph">Le président de la République, Paul Biya, a signé le 2 octobre 2026 le décret n° 2026/320 qui habilite le ministre de l&rsquo;Économie, de la Planification et de l&rsquo;Aménagement du territoire (Minepat), avec faculté de délégation, à conclure avec la Banque islamique de développement (BID) un accord de vente à tempérament de 212,35 millions d&rsquo;euros, soit environ 139,2 milliards de FCFA. Le financement est affecté au Projet de réhabilitation de la route Douala-Bafoussam (PRRDB).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le conseil d&rsquo;administration de la BID a approuvé l&rsquo;opération le 19 mai 2025 à Alger, sans que les fonds soient pour autant disponibles. Début septembre 2026, le gouvernement attendait encore le décret d&rsquo;habilitation, selon des informations attribuées au ministère des Travaux publics. Le décret du 2 octobre lève donc cet obstacle, mais l&rsquo;accord reste à signer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le projet couvre 218,9 km de la nationale n° 5 entre Bekoko et Bandjoun. Son coût est évalué à 229,93 millions d&rsquo;euros, soit 150,8 milliards de FCFA, dont 92,35 % financés par la BID. L&rsquo;État apporte les 17,58 millions d&rsquo;euros restants, soit environ 11,5 milliards de FCFA. Selon la présentation de la BID aux investisseurs de septembre 2026, le financement court sur 20 ans dont cinq de période de gestation, sans que le taux ni les commissions soient publiés. L&rsquo;avis de préqualification de novembre 2025 répartit les travaux en trois lots, Bekoko-Penja (70 km), Penja-pont du Nkam (77,7 km) et pont du Nkam-Bandjoun (71,2 km), pour 48 et 42 mois. Le projet comprend aussi 108 km de routes locales, des écoles, des centres de santé et des marchés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les usagers dénoncent depuis des années une chaussée semée de nids-de-poule. Le patronat chiffre le coût de cette situation. Le 8 août 2024, le président du Groupement des entreprises du Cameroun, Célestin Tawamba, écrit au ministre des Travaux publics pour signaler des retards, une hausse des coûts d&rsquo;exploitation, une usure prématurée des véhicules et une surconsommation de carburant et de pièces de rechange. Selon le patron des patrons du Cameroun, ces surcoûts se répercutent sur les prix des produits et des services et alimentent l&rsquo;inflation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;Une mission de la BID sur la nationale n° 5, du 5 au 7 octobre 2024, avait constaté la dégradation de la chaussée à l&rsquo;origine de nombreux accidents. Dans son adresse à la nation du 31 décembre 2023, Paul Biya avait annoncé des instructions pour la réhabilitation de cet axe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La route relie le port de Douala aux régions de l&rsquo;Ouest et du Nord-Ouest pour l&rsquo;acheminement des marchandises et des matières premières. La région de l&rsquo;Ouest couvre 13 892 km², soit 2,98 % du territoire, et compte environ 2,16 millions d&rsquo;habitants en 2022 selon l&rsquo;Institut national de la statistique, ce qui en fait la région la plus dense du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bafoussam, son chef-lieu, est la troisième ville du Cameroun. La région tire sa richesse de l&rsquo;agro-pastoral, avec le café arabica des hautes vallées de Bandjoun, Bafoussam et Baham, de l&rsquo;élevage, de la pisciculture, du commerce et de la distribution, ainsi que d&rsquo;industries brassicoles, chimiques et agroalimentaires. Sur le même corridor, le Moungo abrite des bananeraies d&rsquo;exportation et les plantations de plantain de Mbanga qui alimentent Douala.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Restent à signer l&rsquo;accord avec la BID, à valider les rapports issus des procédures de sélection des entreprises et à notifier les ordres de service, étapes dont dépend le démarrage des chantiers.</p>
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