Le groupe marocain s’offre le contrôle d’un établissement coté à Accra, avec SSNIT comme coactionnaire. L’accord reste soumis aux feux verts des autorités du Maroc et du Ghana.
Attijariwafa bank a signé un accord en vue d’acquérir 55,22 % du capital de Société Générale Ghana, de sources officielles datées de Casablanca le 1er octobre 2026. Le groupe Société Générale cède au total 60,22 % de sa filiale. Les 5 % restants reviennent à SSNIT, le Social Security and National Insurance Trust. L’opération est conditionnée à l’obtention des « autorisations réglementaires et boursières requises auprès des autorités compétentes au Maroc et au Ghana ». À son issue, Attijariwafa bank « détiendra une participation majoritaire dans Société Générale Ghana et en assurera le contrôle ».
Les sources officielles ne communiquent ni le prix de cession ni le calendrier de finalisation. Le seul repère de valeur disponible est la capitalisation boursière de Société Générale Ghana, qui s’établit à 3,9 milliards de GHS au 29 septembre 2026, soit 1,5 fois ses fonds propres de 2,6 milliards de GHS.
Basée à Accra, la banque universelle emploie plus de 500 collaborateurs et exploite 40 agences réparties dans 24 villes. Au 31 décembre 2025, elle affiche un produit net bancaire de 1,356 milliard de GHS, un résultat net de 397 millions de GHS et un total bilan de 9,7 milliards de GHS. Au taux interbancaire à l’achat de la Bank of Ghana à cette date, soit 10,4448 GHS pour 1 USD, le produit net bancaire équivaut à environ 130 millions de dollars. Le résultat net absorbe 29 % du produit net bancaire et correspond à 15 % des fonds propres, des ratios qui situent l’actif que le groupe marocain ajoute à son réseau.
Le second acquéreur occupe une place à part dans le montage. SSNIT est l’organisme public qui gère le régime de retraite obligatoire au Ghana. Il administre les cotisations des travailleurs du secteur formel et verse les pensions et prestations sociales à ses assurés. Les sources officielles lui attribuent un rôle clé « dans la mobilisation de l’épargne longue et le financement de l’économie nationale ». Avec 5 %, SSNIT reste loin de la majorité, mais devient l’actionnaire de référence aux côtés du futur contrôlant.
Mohamed El Kettani, président directeur général d’Attijariwafa bank, inscrit l’opération dans la stratégie continentale du groupe. « La signature de cet accord reflète la confiance que nous accordons aux perspectives de développement du Ghana ainsi qu’à la qualité de Société Générale Ghana », déclare-t-il. Il ajoute que l’accord « témoigne de notre engagement de long terme en faveur de l’accompagnement des économies de nos pays de présence ».
Le dirigeant met en avant l’expérience d’intégration du groupe. « Nous sommes convaincus que l’expertise de notre institution, et notre longue expérience réussie dans l’intégration des banques acquises au sein de notre Groupe permettront de poursuivre le développement de Société Générale Ghana, au bénéfice de ses clients, de ses collaborateurs et de l’ensemble de ses partenaires », affirme-t-il.
Mohamed El Kettani précise la méthode retenue. « Nous conduirons cette opération dans un esprit de continuité, en nous appuyant sur les atouts de Société Générale Ghana, la qualité de ses équipes et son ancrage sur le marché ghanéen », indique-t-il. Il fixe aussi un objectif commercial, celui de « renforcer les échanges économiques entre le Ghana et le Maroc, mais aussi les autres pays de présence du Groupe ». Le Cameroun figure parmi ces pays.
Attijariwafa bank emploie plus de 22 000 collaborateurs et gère un portefeuille de plus de 12 millions de clients à travers plus de 8 000 agences. Le groupe opère dans 27 pays, dont 14 en Afrique, parmi lesquels le Cameroun, le Congo, le Gabon, le Tchad pour l’espace CEMAC. Les sources officielles présentent l’opération comme le moyen de renforcer la présence du groupe « en Afrique anglophone » et de poursuivre le déploiement de son modèle de banque universelle sur le continent.
Pour Société Générale, la cession de 60,22 % de sa filiale ghanéenne s’ajoute aux mouvements de retrait d’actifs africains.










