La circulaire n°001 du 12 octobre 2026, signée par le président Paul Biya, encadre la préparation du budget de l’État de l’exercice 2027. Elle oriente les choix du Gouvernement vers « le renforcement des capacités de l’offre énergétique et la restauration de l’équilibre financier du secteur de l’électricité ».
Pour Kikot, le texte demande de « renforcer les capacités d’offre énergétique à travers la construction de nouveaux barrages hydroélectriques, notamment celui de Kikot dont le processus de maturation devra être finalisée ». Il ajoute « la finalisation de la construction des lignes de transport de l’électricité du barrage de Nachtigal, ainsi que l’achèvement du projet de remise à niveau des réseaux de transport d’électricité et de réforme du secteur ».
Sur le mix énergétique, la circulaire invite à « développer d’autres sources d’énergies renouvelables en investissant dans des projets d’énergie solaire, éolienne et biomasse pour diversifier le mix énergétique ». Elle demande aussi de « veiller au rétablissement de l’équilibre financier du secteur de l’électricité à travers la mise en œuvre des réformes initiées pour assurer la viabilité financière des entreprises du secteur ». Pour les produits pétroliers, elle prévoit d’« accélérer la réhabilitation et la restructuration de la SONARA, en vue de réduire le volume des importations des produits blancs et de préserver les réserves de change ».
Le volet de l’eau tient en une ligne. Le Gouvernement doit « poursuivre la construction des points d’adduction d’eau potable afin d’étendre l’accès à l’eau potable, en particulier dans les zones rurales et périurbaines ». Pour les administrations, la circulaire précise que « le dispositif de suivi des consommations courantes d’électricité, d’eau, de téléphone et d’internet des administrations publiques devra être renforcé afin de rationaliser les dépenses y relatives ».
Les règles de budgétisation s’appliquent à Kikot. Les nouveaux engagements doivent « démontrer leur impact socioéconomique, leur prise en compte des effets climatiques et de la soutenabilité budgétaire de leur financement ». Concernant les partenariats public-privé, la circulaire indique que « la prise en compte des loyers des contrats PPP devra se poursuivre dans les budgets des administrations hébergeant les projets concernés ». Elle prévient aussi que « le démarrage de nouveaux projets est proscrit, selon le cas, pour le budget 2027 ».
Du côté du projet Kikot, le certificat de conformité environnementale a été délivré le 2 juillet 2026 par le ministère de l’Environnement. L’aménagement comprend un barrage d’environ 35 mètres, une centrale à six turbines et une ligne de 400 kV d’une quarantaine de kilomètres. Le Document de programmation économique et budgétaire 2027-2029, publié le 6 juillet 2026, retient 872 milliards de FCFA pour l’aménagement et ses lignes associées et le classe parmi les partenariats public-privé. Le ministère de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire (Minepat) a communiqué en juillet une estimation de 1 050 milliards, tandis qu’un courrier du président du conseil d’administration de KHPC évoque 1 620 milliards, soit 748 milliards d’écart avec le chiffre budgétaire.
Plus de 50 partenaires financiers ont manifesté leur intérêt pour le barrage, selon KHPC, société détenue à parts égales par l’État et EDF, à l’occasion d’une réunion tenue le 15 septembre 2026 à Yaoundé. En novembre 2025, la Banque mondiale avait indiqué qu’aucun soutien financier ne serait accordé avant une réforme du secteur de l’électricité. Le document budgétaire précédent situait le début des travaux en 2027 et la livraison du chantier en 2033.
La circulaire fixe donc l’étape attendue pour 2027, la finalisation de la maturation. Le choix du coût de référence, la signature du financement et la réforme du secteur de l’électricité restent à conclure.








