Les initiatives privées de production locale de poisson peuvent-elles permettre à l’offre d’être au niveau de la demande intérieure ?

Bien sûr que les initiatives privées sont capables d’augmenter l’offre intérieure, mais sauf que pour se faire, il faut que la vente soit attractive. Nous avons lancé un projet, un projet d’envergure [Mavecam, Ndlr] pour renforcer notre ferme piscicole, avec une projetée de 4 000 tonnes de poisson. Mais il se trouve qu’au terme de notre plan d’affaires, nous nous sommes retrouvés avec un prix de revient qui tourne autour pour le silure à 1 300 et pour le tilapia à 1 600. Mais figurez-vous que sur le marché, le même silure est importé à 850 francs le kilo, prix de vente, et le tilapia à 1 200 francs le kilo. Comment pensez-vous que les banques peuvent accompagner un tel projet où le prix de vente de ce type de poisson est inférieur à ce que vous voulez vendre ? Il convient de dire ici que, quand on donne un quota de poisson à l’importation, on précise bien qu’ils ne doivent pas importer tous les poissons qui sont susceptibles d’être élevés ici.

Est-ce que les acteurs locaux du secteur halieutique ont une idée qui pourrait permettre au consommateur de se passer durablement de ces variétés importées ?

Certains pays avant nous avaient même décidé d’interdire totalement l’importation du poisson. Je vais parler de notre voisin le Nigéria ici à côté, qui avait décidé d’interdire d’importer le poisson, tous les importateurs qui faisaient ce travail, il les a obligés à passer à la production. C’est quelque chose qu’on peut faire au Cameroun : le poisson de mer n’est pas la seule source de protéines dans le pays.

Le patron de poisson que vous êtes, pense que le secteur a besoin de quoi pour passer à la transformation de la production locale ?

La première chose, c’est qu’on interdise totalement l’importation du tilapia, du silure, du pangasius, du red pacu et autres. Tous les poissons qui sont susceptibles d’être produits au Cameroun doivent être interdits et qu’il y ait un contrôle strict, une exonération totale des droits de douane pour l’importation de l’aliment du poisson, qui ne se fait pas comme les aliments du bétail ou bien de la volaille qui n’est pas exonéré. Si on n’exonère pas totalement les droits de douane pour l’intrant qui entre à 70 % du coût de la production du poisson, on ne pourra pas évoluer. Vous convenez avec moi que produire du poisson en utilisant le groupe électrogène ne peut pas entraîner une baisse des coûts.

Source : Crtv radio, le 13h du 20 octobre 2026

Chaîne EDC

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