Douala accueille jusqu’au jeudi 29 octobre la première édition du Forum régional sur la notation financière, organisée par GIC Rating S.A. Placées sous le thème « La notation financière, transparence et attractivité pour les États et les entreprises en zone Cemac », les rencontres réunissent des représentants des institutions communautaires, des banques, des compagnies d’assurance, des investisseurs institutionnels et des entreprises.

Serge Mathieu Kombou, administrateur directeur général de GIC Rating, a ouvert la cérémonie en posant la question du financement. « Nous avons des capitaux. L’épargne existe. Les investisseurs existent », a-t-il énuméré. Selon lui, le défi consiste à réunir les conditions pour que cette épargne rejoigne les besoins des économies de la sous-région. Il défini la notation comme « un outil de transparence, un langage commun du risque », qui permet à un investisseur de Douala, de Libreville ou de Paris de lire un même risque. « Elle n’est ni une sanction ni une récompense », a-t-il précisé, ajoutant qu’elle n’est pas non plus une garantie.

Le dirigeant revient sur la création de l’agence. À ceux qui demandaient pourquoi l’Afrique centrale aurait besoin d’une telle structure, il répond que les États, les assureurs, les institutions et les entreprises de la région doivent être évalués selon les standards de rigueur et de professionnalisme, tout en étant compris « à la lumière de leur réalité économique, institutionnelle et sociale ».

Le Trésorier payeur général de Douala, Jean Didier Afane Fono, représente le ministre des Finances. Il replace la notation dans un contexte de concurrence entre territoires. Les États cherchent des ressources pour leurs infrastructures, les entreprises des capitaux pour investir et créer des emplois, les investisseurs un équilibre entre rendement et risque. « Ils n’investissent durablement que dans les environnements qu’ils jugent prévisibles », observe-t-il. La notation, dit-il, « contribue à réduire l’asymétrie d’information entre les émetteurs et les investisseurs » et renforce la discipline de marché.

Il distingue les bénéfices selon les acteurs. Pour les États, elle donne de la visibilité à la trajectoire économique et permet aux réformes d’être mieux valorisées. « La crédibilité constitue un actif économique stratégique », ainsiste-t-il. Pour les entreprises, elle peut diversifier les sources de financement et encourager l’amélioration de la gouvernance, de l’information financière et de la gestion des risques.

Le représentant du ministre énumère les atouts de la Cemac, soit une monnaie commune, un marché régional intégré, des ressources naturelles et un potentiel démographique. Il juge toutefois que la sous-région devrait encore améliorer sa visibilité auprès des investisseurs et approfondir ses marchés financiers. La création d’une agence agréée dans l’espace communautaire, selon lui, « témoigne de la volonté des acteurs régionaux de renforcer les capacités locales d’analyse financière », dans le respect des standards internationaux. Les besoins couvrent les infrastructures, l’industrialisation, la transition énergétique et l’innovation, et aucun acteur ne pourra les satisfaire seul.

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Serge Mathieu Kombou allie ces enjeux à la transparence et à la gouvernance. « Lorsqu’il y a davantage de lumière, il y a davantage de confiance », martèle-t-il, en déroulant la chaîne qui mène de l’investissement au développement. « La Cemac n’a pas seulement besoin de capitaux, elle a besoin de confiance. »

Le programme alterne conférences, panels et séances techniques. Le premier jour traite de la notation des États et des entreprises, avec la présidente de la Cosumaf, le vice-président de la Commission de la Cemac, un représentant de la BEAC, le secrétaire général de la CIMA et le responsable pays de la Société financière internationale. Une masterclass détaille le déroulement d’une notation, du dossier à la surveillance de la note. Le second jour est consacré à la gouvernance, aux méthodologies de GIC Rating pour les États, les banques, les établissements de microfinance, les sociétés aéroportuaires et les assurances, puis au rôle de la notation dans le marché des capitaux, avec la BVMAC.

Un grand débat sur les contraintes et les perspectives de la notation en zone Cemac précédera la lecture et l’adoption de la Déclaration de Douala. Serge Mathieu Kombou souhaite que ce texte devienne « une feuille de route collective » pour renforcer la transparence, développer les marchés de capitaux et améliorer l’attractivité financière de la sous-région.

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