Le Cameroun entend prendre part au 18ᵉ Sommet d’affaires États-Unis–Afrique avec une délégation d’entreprises en mesure de défendre ses intérêts économiques et de saisir les opportunités de partenariat offertes par cette rencontre internationale. C’est dans cette perspective que la Chambre de commerce américaine au Cameroun (AmCham Cameroun) et l’ambassade des États-Unis ont achevé, le 5 novembre 2026 à Douala, leur tournée de présentation consacrée à la participation camerounaise à cet événement prévu du 6 au 9 décembre à Port-Louis, à Maurice.

Cette rencontre constituait la seconde étape d’une démarche engagée à Yaoundé. Elle avait pour objectif de sensibiliser les dirigeants d’entreprises et les investisseurs sur les enjeux de leur participation, mais également de préparer la constitution d’une délégation d’affaires officielle. Plus de 3 000 chefs d’entreprise, investisseurs, chefs d’État et représentants d’institutions de financement du développement sont attendus à ce rendez-vous.

Pour les entreprises camerounaises, l’enjeu dépasse la participation à un forum international. Il s’agit de disposer d’un cadre de rencontres avec des partenaires potentiels, d’explorer de nouveaux débouchés commerciaux et de nouer des relations avec des investisseurs susceptibles d’accompagner leurs projets. L’accès aux réseaux d’affaires américains et africains constitue également un levier pour les entreprises qui envisagent de développer leurs activités au-delà du marché national.

Présent à cette séance sous le patronage de John G. Robinson, Chargé d’Affaires de l’ambassade des États-Unis au Cameroun, le représentant diplomatique a rappelé la place accordée à la coopération économique dans les relations entre les deux pays. « La diplomatie commerciale et économique est centrale dans l’engagement du gouvernement américain ici au Cameroun », a-t-il déclaré. Il a présenté le sommet de Maurice comme « une opportunité pour une délégation camerounaise », avant de préciser que l’objectif est d’encourager les entreprises nationales à aller à la rencontre de partenaires américains.

« Nous sommes là pour encourager la création de cette délégation, pour aller voyager à Maurice et trouver des partenaires américains, des entreprises américaines », a-t-il expliqué. John G. Robinson a également mis en avant les possibilités de coopération avec les sociétés américaines, notamment en matière de pratiques commerciales et de standards internationaux. « Nous croyons qu’avec les entreprises américaines, il y a une transparence, une qualité, un standard international extraordinaire, qui peut bénéficier aux Camerounais comme aux Américains », a-t-il affirmé.

Du côté d’AmCham Cameroun, la constitution de cette délégation répond à une exigence de préparation des entreprises. Pour sa présidente, Ella Martin, la présence au sommet ne saurait se limiter à un déplacement de représentation. Les participants doivent arriver avec des objectifs commerciaux définis, une connaissance de leurs besoins et une stratégie de prospection. « Il faut qu’on parte avec une délégation très consciente, très engagée, déjà prête en termes de visibilité, de forecasting », a-t-elle indiqué.

La responsable d’AmCham invite ainsi les dirigeants à clarifier leurs attentes avant le déplacement. Quels marchés souhaitent-ils pénétrer ? Quels partenaires américains recherchent-ils ? Quelles entreprises africaines pourraient être associées à leurs projets dans le cadre de joint-ventures ? Autant de questions auxquelles les participants devront apporter des réponses avant de prendre part aux rencontres de Maurice. L’ambition est notamment de permettre aux entreprises établies au Cameroun de développer des partenariats susceptibles de soutenir leur expansion sur d’autres marchés africains.

Ella Martin insiste sur la nécessité de retenir des entreprises disposant de projets et d’une capacité à assurer le suivi des contacts établis pendant le sommet. AmCham Cameroun entend veiller à ce que la délégation soit « focalisée et prête en termes d’esprit, en termes d’actions déjà menées sur le terrain, ici et là-bas ». La sélection devra privilégier les opérateurs capables de transformer les rencontres en relations d’affaires. « Il y aura vraiment du travail », a-t-elle prévenu.

Les échanges de Douala ont mobilisé des acteurs de sept domaines d’activité, à savoir l’énergie, l’agroalimentaire, les technologies de l’information et de la communication, les infrastructures, la finance, la santé et l’industrie manufacturière. Ces secteurs figurent parmi les domaines autour desquels les entreprises camerounaises sont appelées à présenter leurs projets et à rechercher des partenaires.

Membre du conseil d’administration d’AmCham Cameroun, Salamatou Bantse a, pour sa part, partagé l’expérience de la précédente participation de l’organisation au sommet. Son message aux entrepreneurs porte sur la nécessité d’une démarche active de prospection. « Les opportunités d’affaires ne viennent pas toujours à nous ; parfois, il faut aller les chercher et les créer », a-t-elle rappelé.

Cette mobilisation trouvera un prolongement à Maurice avec l’organisation, le 8 décembre 2026, de la session « Invest in Cameroon », en marge du sommet. Cette rencontre devra présenter les possibilités d’investissement au Cameroun, les perspectives commerciales dans les secteurs ciblés et faciliter les échanges entre les entreprises nationales, les investisseurs et les décideurs internationaux.

À travers cette initiative, l’ambassade des États-Unis et AmCham Cameroun cherchent à inscrire davantage le secteur privé national dans les circuits internationaux d’affaires et d’investissement. Pour les entreprises participantes, la portée de cette démarche dépendra toutefois de leur capacité à préparer leurs propositions, à identifier les interlocuteurs pertinents et à assurer le suivi des engagements noués à Maurice.

Ronel Tedeffo

Chaîne EDC