AGL Cameroun et la fintech Reasy proposent aux importateurs camerounais un service de transport en groupage depuis la Chine. L’offre réunit paiement numérique, suivi des marchandises et gestion logistique. Elle s’adresse aux petites et moyennes entreprises.

Les deux entités ont présenté le dispositif à Douala, métropole économique du pays, devant des importateurs. Le groupage consiste à rassembler les marchandises de plusieurs clients dans un même conteneur, ce qui permet à une PME d’expédier de petits volumes sans louer un conteneur entier.

Le parcours du client se déroule par application. L’importateur s’y connecte, règle son fournisseur sur la base d’une facture proforma, puis la logistique est orchestrée en ligne. Brice Mba, CO-Ceo de REasy décrit cette organisation. « Le client se connecte à une application, il a la possibilité de régler son fournisseur sur la base d’une facture proforma, et ensuite il y a une orchestration logistique digitale où la partie physique est gérée de bout en bout par le partenaire AGL », explique-t-il.

Avant le lancement, les partenaires ont testé le système avec un premier conteneur, affrété pour un certain nombre de clients de Reasy. Le même responsable indique que cet essai devait permettre de « vivre l’expérience » et d’identifier les points à améliorer. Le dispositif repose sur Wigo Africa, une plateforme développée par AGL. Brice Mba la présente comme la solution centrale de l’opération.

« La master solution s’appelle Wigo Africa, qui est une solution développée par AGL, et c’est une solution qui va aborder tous les aspects de simplification, de conformité, mais aussi de moindre coût pour les opérateurs économiques camerounais », affirme-t-il.

Les délais font partie des enjeux. Selon lui, le transit constitue l’une des principales difficultés des PME. Il dure habituellement 60 jours. Dans le cadre de cette opération, les partenaires annoncent une durée de 45 à 60 jours, selon les situations. Ils attendent aussi une baisse des coûts, qu’ils attribuent à la numérisation complète du processus.

Du côté de Reasy, l’on lie la qualité du service à l’investissement technologique. Il est précisé que la brique technologique est déjà sécurisée et que la fintech construit des partenariats pour réduire le nombre d’étapes.

« Plus on investit dans la technologie, on a la capacité de pouvoir dire sans se tromper que pour chaque opération, ça arrivera en tel nombre de secondes, et là, le client est totalement satisfait, il a envie de recommencer », déclare-t-il.

Chez les importateurs, la question de la confiance est revenue en premier. Un commerçant, client de Reasy, résume les attentes des participants autour de trois points, le coût, le temps et les arnaques. Il dit avoir déjà été victime d’opérateurs malhonnêtes.

« La première fois que j’ai découvert Reasy, je suis allé de manière prudente, j’ai fait un premier paiement de 5 000 francs, ensuite 5 000 francs », raconte-t-il. Il se dit aujourd’hui satisfait et encourage le rapprochement avec AGL, à condition que les deux partenaires restent dans la même direction.

Le commerçant relève aussi un changement dans ses relations avec les fournisseurs chinois. Le dispositif lui permet de remonter jusqu’au vendeur en cas de litige.

« Si je subis une arnaque à travers Reasy, je peux arriver même en Chine et porter plainte contre ce fournisseur, ce que je ne pouvais pas faire avant, parce que je n’avais ni le numéro de téléphone, ni même le nom réel de mon fournisseur », indique-t-il. Le lancement intervient alors que la Chine est le principal partenaire commercial du Cameroun, en particulier pour les importations. AGL Cameroun et Reasy envisagent d’étendre leur offre.

Sur LinkedIn, Éric R. Kongou, responsable de la communication,  présente l’initiative comme une nouvelle façon d’importer depuis la Chine, avec « des solutions plus simples, plus rapides et plus compétitives pour les PME camerounaises ».

Chaîne EDC

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