La Global Sustainable Trade Initiative (GSTI) a mis en ligne ce 20 octobre un film consacré à Socfin, dans le cadre de sa campagne sur le commerce mondial. Le document renvoie vers un entretien publié par Reuters et présente la science, l’innovation agronomique et la gestion des plantations comme les leviers d’une production qui doit tenir sur la durée. Recherche, plants améliorés, traçabilité et gestion de long terme forment, selon la description du film, le socle de cette approche.

Le groupe s’appuie sur une histoire longue. Créé en 1909 sous le nom de Société Financière des Caoutchoucs, il exploite aujourd’hui 190 600 hectares de plantations, réparties sur quinze sites dans dix pays d’Afrique et d’Asie. Il revendique 57 700 emplois créés, souvent loin des centres urbains. Sa présentation officielle fixe l’objectif de développer « une agriculture tropicale responsable et transformatrice », formule qui résume le positionnement qu’il met en avant auprès de ses partenaires.

Le palmier à huile occupe une place particulière dans cette activité. Le groupe indique qu’une partie de sa production d’huile de palme est destinée aux marchés des pays producteurs, ce qui rattache son modèle à la sécurité alimentaire de ces territoires. Le caoutchouc naturel alimente pour sa part des filières industrielles à l’échelle mondiale. Les deux cultures immobilisent les capitaux sur des décennies, puisqu’un arbre planté aujourd’hui produit pendant des années, ce qui explique l’insistance de Socfin sur la gestion de long terme.

Le moteur de cette stratégie tient dans la recherche. Socfin indique avoir investi 24,79 millions d’euros dans ce domaine entre 2013 et 2022, et mener des travaux d’agronomie appliquée depuis plus de trente ans. Ses équipes travaillent avec des organismes comme le Cirad et l’université de Gand, sur le palmier à huile et l’hévéa. Les efforts portent sur deux priorités, réduire l’usage de produits phytosanitaires grâce à des plants qui résistent mieux aux maladies, et obtenir un rendement plus élevé à l’hectare.

L’équation économique est simple. Un plant sélectionné qui produit davantage permet de récolter le même volume sur une surface moindre. Le groupe le résume par une « réduction de la surface plantée pour une même quantité produite », formule traduite de son site, et en fait un argument contre la déforestation. Ce gain de productivité améliore aussi la rentabilité de chaque hectare, ce qui intéresse les actionnaires autant que les riverains des plantations.

Socfin affirme que ces acquis ne restent pas dans ses enceintes. Les connaissances profitent à ses sites, aux planteurs voisins et à l’ensemble de la filière grâce aux publications scientifiques. Cette diffusion intéresse les petits producteurs, et elle nourrit la thèse du groupe selon laquelle son modèle bénéficie à toute la chaîne de valeur, des planteurs aux consommateurs.

La traçabilité et les normes complètent le dispositif. Socapalm, au Cameroun, a été en 2014 la première plantation de palmiers à huile d’Afrique centrale certifiée ISO 14001. Socfindo, en Indonésie, a obtenu la certification RSPO entre 2011 et 2015. Le groupe est membre fondateur de la Global Platform for Sustainable Natural Rubber (GPSNR) et affirme que toutes ses huileries de palme sont certifiées RSPO. Ces labels servent de passeport commercial auprès des industriels de l’agroalimentaire et de la cosmétique, qui doivent justifier l’origine de leurs matières premières.

Chaîne EDC

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