L’instabilité de l’énergie électrique est la première piste avancée pour expliquer le sinistre survenu le lundi 2 novembre 2026, vers 7h30, chez Metafrique Steel S.A., dans la zone industrielle de Bassa, à Douala. Selon les premiers éléments de l’enquête, l’origine de l’incendie porterait sur ces perturbations du courant. L’hypothèse doit encore être confirmée par les investigations officielles. Le ministre par intérim des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique, Fuh Galitus Gentry, fait état – pour l’heure – de cinq décès.
Descendu sur les lieux ce 3 novembre, le membre du gouvernement évoque une explosion. « Hier, autour de 7h30, il y a eu une explosion […] et, actuellement, l’usine est scellée à l’arrêt pour mener les enquêtes profondes, pour déterminer les causes réelles de cette triste situation », a-t-il déclaré. Des ouvriers qui se trouvaient autour de l’unité concernée ont été touchés. Ils ont été conduits à l’Hôpital Général de Douala, où trois d’entre eux ont déjà quitté le service. « Des personnes qui étaient autour de cette unité ont été touchées […] une situation très grave, mais il y a trois personnes qui sont déjà sorties de l’hôpital », précise Fuh Galitus Gentry.

La piste électrique reste préliminaire. Elle s’accorde toutefois avec la formulation retenue par l’entreprise dans son communiqué du 2 novembre, qui qualifie l’incident d’« origine externe » et indique que ses causes « restent à déterminer ». Le texte ne nomme aucune cause. La société y exprime son regret, remercie les autorités administratives de la ville pour leur « intervention spontanée » et assure aux familles que « tout sera mis en œuvre pour les accompagner dans ces moments délicats ».
Le directeur général de Metafrique Steel a pris la parole ce 3 novembre, sans aborder l’origine du drame. « Nous sommes dans un moment de deuil, de tristesse », a-t-il dit. Il place la prise en charge des blessés au premier rang des priorités de l’entreprise. « Nous faisons confiance à nos médecins pour que toutes ces personnes impliquées dans l’incident survenu hier puissent revenir encore une fois à Metafrique Steel », ajoute-t-il. « Nous ne voulons pas faire d’autres mesures prioritaires en dehors de suivre nos malades, enterrer ceux qui sont décédés sur le site, et accompagner toutes ces familles qui ont été endeuillées par ce drame », confie-t-il, avant de demander du temps. « Donnez-nous la possibilité de suivre déjà les points saillants, les points d’urgence. »
Du côté des pouvoirs publics, une réunion est prévue. « Nous allons organiser, dans les services du gouverneur, une réunion qui va regrouper toutes les sociétés en charge de la sidérurgie pour réitérer les mesures, les principes, les missions de ces entreprises », annonce le ministre. L’usine, elle, demeure sous scellés le temps des enquêtes.
L’arrêt du site pèse sur l’emploi. Metafrique Steel compte environ 700 salariés, selon l’Organisation camerounaise des industries de transformation des métaux (Ocitram). Son coordonnateur, Patrice Yantho, espère que les scellés ne seront pas définitifs, « parce qu’il y a aussi l’intérêt de la préservation de l’emploi, et que l’entreprise, qui emploie 700 personnes, fasse face à ses charges. L’État a besoin de revenus fiscaux autonomes, le personnel a besoin de travailler et de nourrir également les siens ». Selon lui, l’urgence reste de « sauver ce qui peut l’être et d’accompagner les familles dans le deuil ».

Le responsable de l’Ocitram replace l’événement dans les ambitions du secteur. « Nous cherchons à bâtir une industrie sidérurgique très compétitive dans notre pays. Nous avons des objectifs ambitieux concernant le marché de la CEMAC. Il est donc primordial pour nous que toutes nos usines soient en état de marche et en pleine production », explique-t-il.
Face à un incident, il plaide pour une remise à plat. « Il faut s’arrêter, analyser ce qui ne va pas, comprendre la situation et tout réorganiser pour améliorer les choses ; car pour être compétitifs, nous devons disposer de processus performants, garantir une sécurité optimale et prendre soin de nos collaborateurs. »
Au-delà du bilan humain, l’événement relance le débat sur la sécurité des sites et sur la fiabilité de l’alimentation électrique des usines. L’arrêt du site prive aussi l’État de recettes fiscales. Les conclusions des enquêtes diront si l’instabilité du courant est bien en cause.









