La Direction nationale de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) à Yaoundé ouvrira, lundi 2 novembre 2026, ses guichets à l’échange des pièces retirées de la circulation. Une note d’information au public datée du 23 octobre précise que l’opération est gratuite et se tient du lundi au vendredi. Le dépôt s’effectue de 7 h à 10 h et le retrait de 13 h à 14 h.

Pour les particuliers, les pièces sont remplacées à leur valeur faciale, qui ne peut être diminuée, à hauteur de 50 000 FCFA par jour et par personne. Au-delà de ce montant, l’échange est réglé en billets de banque. Pour les sociétés et les microfinances, les opérations sont illimitées, contre des pièces neuves ou des billets. La BEAC demande de classer les pièces par dizaines ou par centaines avant de se présenter.

La note s’appuie sur la décision du Comité ministériel de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC), réuni le 7 octobre 2026 à N’Djamena. Les pièces des gammes 1958, 1959, 1971, 1976 et 1985 perdent cours légal et pouvoir libératoire à compter du 1er novembre 2026 dans les six pays de la CEMAC. Les gammes 2006 et 2024 restent valables. Les commerçants qui rendent la monnaie doivent le faire avec des pièces ayant cours légal.

Le calendrier de transition couvre douze mois. Du 1er novembre 2026 au 31 juillet 2027, l’échange est possible auprès des établissements de crédit, des établissements de microfinance et de la BEAC. Du 1er août au 31 octobre 2027, la BEAC reste le seul guichet. Passé le 31 octobre 2027, les pièces non présentées ne peuvent plus être remboursées.

La mesure s’inscrit dans la lutte contre la pénurie de petite monnaie. La banque centrale a lancé le 2 avril 2025 à Bangui la gamme « Type 2024 », qui comprend une pièce de 200 FCFA, et prévoit d’émettre 500 millions de pièces par an pour atteindre trois milliards à l’horizon 2030. Elle impute la rareté à des réseaux qui collectent les pièces de type 2006 pour les exporter vers l’Asie, où le métal est fondu, sa valeur dépassant la valeur faciale. Les nouvelles pièces utilisent des alliages sans usage en bijouterie.

Sur le terrain, la pénurie des pièces de 25, 50 et 100 FCFA pèse sur les petits commerçants et les conducteurs de taxis, certains achetant de la petite monnaie au prix d’une baisse de leurs recettes. À l’approche de l’échéance, des commerçants, des chauffeurs et des caisses de grandes surfaces à Yaoundé et à Douala refusent déjà des pièces encore valables, y compris des gammes 2006 et 2024 qui conservent leur cours légal. En avril 2025, la BEAC avait indiqué que les anciennes gammes continueraient de circuler, ce qui rend la communication sur le retrait déterminante.

La réussite de l’opération dépendra de la disponibilité des pièces neuves, de la capacité des guichets à absorber les dépôts et de la diffusion de l’information auprès des ménages et des opérateurs économiques.

Chaîne EDC