Douala accueillera du 28 au 31 octobre 2026 la première édition de la Foire internationale sur les énergies renouvelables en Afrique, désignée par l’acronyme FIERA. L’événement se tient sous le haut patronage du ministère de l’Eau et de l’Énergie, avec le soutien institutionnel du gouvernement du Cameroun. Les organisateurs annoncent plus de 5 000 participants, plus de 250 exposants, plus de 150 conférenciers et plus de 20 ateliers.

Le programme suit une progression. Le 28 octobre, les ateliers portent sur l’efficacité énergétique, la valorisation des déchets, la certification, le solaire photovoltaïque et la petite hydroélectricité. Le 29, jour de l’ouverture officielle, les autorités, les institutions et les délégations internationales sont attendues. Le 30 est consacré aux collectivités. Les maires échangeront entre eux, découvriront des solutions destinées aux populations et aborderont les stratégies d’accès aux financements nationaux et internationaux. Le 31, une session de deal room mettra en contact les porteurs de projets et les porteurs de financement.

Ce dernier volet concentre l’enjeu d’investissement. Selon Dr Yaya Saïdou, chef de la cellule de l’observatoire économique et de la prospective à la Communauté urbaine de Douala (CUD), un réseau d’environ 210 investisseurs peut financer un projet jusqu’à 150 milliards de francs CFA. Cette capacité concerne l’État, les institutions, les entreprises, les particuliers et les banques. Elle s’inscrit dans la Stratégie nationale de développement 2030 et dans le Compact énergétique, pour lesquels le ministère de l’Eau et de l’Énergie recherche des financements, sous l’impulsion de la Banque mondiale. Ludovic Dassi, coordonnateur général de FIERA-Douala 2026, membre de la diaspora camerounaise, indique répondre à l’appel du chef de l’État invitant la diaspora à contribuer, et rappelle que le ministère des Finances avait demandé qu’elle investisse.

La foire traite aussi de la rétention des compétences. Ludovic Dassi, consultant et expert en efficacité énergétique installé en Allemagne, formé au Cameroun puis en Italie, observe que les universités camerounaises disposent désormais de facultés d’énergies renouvelables et forment des ingénieurs. Selon lui, le marché de l’emploi doit être prêt à absorber ces profils, faute de quoi ils partiront ailleurs. Préserver ces compétences figure parmi les objectifs de FIERA, au même titre que la sensibilisation aux solutions déjà disponibles.

La dimension économique est détaillée par le même intervenant. Un entrepreneur dont le réseau est interrompu par une panne de transformateur ne livre plus sa commande, ce qui retarde ses clients et provoque un effet en chaîne. Une centrale photovoltaïque en toiture, associée à un système de stockage par batteries, permet de charger les accumulateurs lorsque le réseau fonctionne et de poursuivre la production lors d’une coupure. Les filières évoquées sont le solaire photovoltaïque, la géothermie, l’éolien, la biomasse et le biogaz, toutes exploitables localement.

L’efficacité énergétique occupe une place à part. Produire de l’énergie ne suffit pas, il faut aussi la consommer avec un dimensionnement adapté. Dans les bâtiments, des équipements sont souvent ajoutés sans analyse des besoins réels. Les sessions de formation présenteront des méthodes pour réduire la consommation, donc la facture, au bénéfice des entreprises, des particuliers et des collectivités.

La gestion des déchets organiques est un autre sujet du programme. Les participants y verront des filières de valorisation comme les pavés écologiques, le charbon écologique et la production de biogaz, ainsi que l’installation de fosses biodigesteurs raccordées aux toilettes domestiques.

FIERA réunit des jeunes, des entrepreneurs, des institutions, des collectivités et des banques. Des ateliers sont prévus sur le leadership féminin, dans un secteur où les filières d’électricité et d’électronique comptent surtout des garçons.

La Communauté urbaine de Douala est coparrain de l’événement, avec le ministère de l’Eau et de l’Énergie et dix autres ministères, auxquels s’ajoutent des institutions internationales, qui ont confirmé leur participation. Le Dr Yaya Saïdou explique que le maire a demandé des retombées concrètes pour la ville, ses habitants et ses entreprises. L’analyse des propositions sur le transfert de technologies. Douala étant la ville industrielle de l’Afrique centrale, la production d’énergie y doit être constante et efficace.

Un projet pilote est prévu avec FIERA. Il consiste à alimenter en énergie solaire les feux et panneaux de signalisation des carrefours, avec une centrale de contrôle et des caméras de dernière génération. Les feux ne s’éteindraient plus lors des coupures de courant et les carrefours seraient filmés, ce qui contribuera à la sécurité de la ville.

Pour les porteurs de projets, les élus, les entreprises du secteur et les investisseurs, la foire rassemble sur quatre jours des formations, des interlocuteurs institutionnels et une session de mise en relation financière. Les informations et réservations sont accessibles au +237 659 164 021, par courriel à contact@fiera-africa.com et sur www.fiera-africa.com.

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