La douzième session du Cameroon Business Forum (CBF) s’est achevée vendredi 23 octobre 2026, vers 17 heures, à Douala. L’équipe d’organisation du CBF présente comme suit les recommandations adoptées par les participants.
« Fluidifier les procédures administratives »
« Accélérer la mise en œuvre des projets d’infrastructures énergétiques et routières »
« Faciliter l’accès des PME au financement »
« Renforcer les conditions de compétitivité des entreprises camerounaises »
Ces recommandations seront « assorties d’un calendrier », précise l’équipe d’organisation, qui annonce une matrice désignant les structures responsables, les délais d’exécution et les indicateurs de suivi. Le document sera diffusé à l’ensemble des parties prenantes.
Les travaux, présidés par le Premier ministre Joseph Dion Ngute, ont réuni près de 300 participants après six années d’interruption. Six ateliers ont nourri les recommandations, sur le patriotisme économique, la facilitation des échanges, le financement, la logistique et l’énergie, l’innovation et le Startup Act, puis le fonctionnement du CBF lui-même. La Commission économique des Nations unies pour l’Afrique a évoqué le potentiel de la Zlecaf à l’horizon 2045, et la Société financière internationale a présenté le dispositif Business Ready. Le Premier ministre a rappelé le rôle du secteur privé dans l’industrialisation, la transformation locale et l’emploi.
Le président du Groupement des entreprises du Cameroun (Gecam), Célestin Tawamba, a souligné que le dernier CBF datait du 22 octobre 2020 et que ses recommandations étaient restées pour l’essentiel « lettre morte ». « Le problème, c’est l’exécution », a-t-il déclaré. Il a décrit des routes qui renchérissent les coûts de transport, avec cette formule, « une route dégradée est un impôt ». Il a cité des coupures d’électricité qui coûtent entre 2 et 4 % du PIB, ainsi que la fiscalité, le crédit, la justice et le foncier. Il a dit ressentir « un pays à l’arrêt » et affirmé que la survie des entreprises est en jeu.
Le patronat ne s’est pas limité au constat. Il a présenté trois décisions dont aucune ne demande, selon lui, « de loi nouvelle ni de financement extérieur », seulement « une volonté ». La première concerne la méthode, avec des recommandations dotées chacune d’un responsable, d’une échéance et d’un indicateur, et un bilan public dans six mois. La deuxième concerne le budget, pour que la loi de finances 2027 voit les dépenses de fonctionnement progresser moins vite que celles d’investissement. La troisième concerne la trésorerie, avec un calendrier d’apurement des arriérés de l’État et le remboursement des crédits de TVA dans les délais légaux. Le communiqué de clôture reprend la logique de la première, avec responsables, délais et indicateurs, mais ne mentionne pas de bilan public.
Ce que le patronat espère tient en peu de mots. « Les diagnostics, nous les avons. Les actes, nous les attendons. » Il veut que le CBF devienne « un lieu où l’on rend compte, et non plus un lieu où l’on parle », et que cette session reste dans les mémoires « pour ce qu’elle aura changé, et non pour ce qu’elle aura dit ».

Rappelons que la session s’est tenue sous le thème « Zlecaf et transformation productive, quelles réformes pour faire du Cameroun un pôle industriel et commercial majeur en Afrique ? ». M. Tawamba a averti que la Zlecaf n’attendra pas, puisque les droits de douane baissent chaque année depuis le 1er janvier 2026 jusqu’à leur suppression en 2033. Si les entreprises camerounaises ne sont pas prêtes à exporter, a-t-il dit, d’autres seront prêts à vendre au Cameroun.









