Sur les 78 529 hectares loués par l’État du Cameroun en 2000, la Socapalm en a retiré 29 300 de son périmètre, soit 37 % du total. Ce chiffre additionne deux opérations, la révision de 2005 et la restitution d’Eséka en 2025. Il pose le cadre d’un dossier foncier que la direction veut voir clos par un second avenant au bail.
La Socapalm n’est pas propriétaire des terres. Elle est preneuse d’un bail emphytéotique de 60 ans, signé le 30 juin 2000. Dès 2003, un travail mené avec les administrations a recensé des surfaces occupées par des tiers, impropres à la culture ou affectées à des infrastructures. L’avenant n° 1, signé le 30 août 2005, a ramené la superficie à 58 063 hectares. Au total, 20 466 hectares sont sortis du contrat, soit 26 % du périmètre initial.
Les travaux lancés en 2017 prolongent ce mouvement. Les plans cadastraux sont confrontés au terrain, les empiètements repérés, les bornes posées et densifiées. Les constats sont ensuite discutés avec les communautés lors de rencontres bipartites et tripartites, en présence des services de l’État.
Eséka et Dibombari, premiers résultats
À Eséka, sur 13 954 hectares, 8 834,08 ont été restitués à l’État en 2025 et 5 119,92 maintenus. La part restituée dépasse 63 %. En février 2026, la Socapalm a cédé l’ensemble de ses actifs sur cette plantation à la société Opalm.
À Dibombari, une concertation tripartite présidée par l’autorité préfectorale s’est tenue le 21 janvier 2026. Plus de 2 566 hectares de terres non exploitées y ont été présentés en vue d’une restitution, sur une concession initiale de 11 210 hectares, soit près de 23 %.
Pour le Secrétaire général de l’entreprise, il faut distinguer l’avancement des travaux de la clôture du dossier sur le plan juridique. Les travaux cadastraux sont achevés sur les sites et leurs résultats ont été remis aux communautés devant l’Administration. Les observations et les contestations restent à traiter avant toute consolidation.
C’est dans cet intervalle que se placent les rétrocessions de Dibombari, 112 hectares en 2020 puis 207 en 2023, soit 319 hectares. D’autres surfaces de 59, 60 et jusqu’à 500 hectares auraient été évoquées hors de tout cadre officiel, y compris sur des zones plantées. L’entreprise rappelle qu’une parcelle porte des cultures pérennes, des voies d’accès, des équipements et des engagements financiers de long terme. On ne peut donc l’apprécier à partir d’un nombre d’hectares seul.
La direction craint qu’une succession de retraits sans coordination soit perçue comme un morcellement, voire un pillage foncier. Elle précise ne viser ni une institution ni des personnes. Elle note qu’un comité de gestion des processus de rétrocession existe depuis un arrêté du Premier ministre de 2020, et demande que son rôle, son périmètre et ses modalités de saisine soient précisés. « La question n’est pas de soustraire le foncier au dialogue, mais d’éviter que des décisions isolées ne compromettent la clarification collective », résume-t-il.
Cap sur l’avenant n° 2
L’entreprise demande à l’État de finaliser et de publier officiellement les rapports cadastraux de toutes les plantations, avec un traitement des observations encore ouvertes. Elle souhaite aussi que les mécanismes de gestion des rétrocessions soient mobilisés. Pour toute évolution touchant une zone exploitée, elle réclame une concertation préalable, un inventaire contradictoire des actifs et une évaluation des effets sociaux, économiques et juridiques.
L’objectif est la signature de l’avenant n° 2 au bail, avec le MINDCAF et les administrations compétentes, sur des superficies stabilisées. Les opérations de 2005 et de 2025 montrent qu’une restitution peut se conduire dans un cadre institutionnel. Reste à savoir si le calendrier des retraits à Dibombari suivra celui de la révision.









