Boissons du Cameroun a dévoilé à Douala ce 9 octobre sa nouvelle bière Mboa, une blonde de type lager affichant 5 % d’alcool, conditionnée en bouteille de 50 centilitres et vendue 500 FCFA. Un positionnement tarifaire que la direction marketing et communication du groupe assume pleinement. « Nous avons été à l’écoute de nos consommateurs, ils nous ont dit qu’ils avaient besoin d’une bière de qualité et très accessible ». Mboa est « de qualité, authentique, à un prix accessible. »
Le lancement débute par la région du Littoral. Selon l’entreprise, la marque gagnera l’Ouest dès la semaine suivante, puis le Centre et le Nord. « Ce n’est pas la Mboa du Littoral, c’est vraiment la Mboa du Cameroun », ainsiste Boissons du Cameroun, qui rappelle que les artistes camerounais ont souvent chanté ce terme, en commençant par Manu Dibango. Le visuel de la bouteille, étiquette verte et or ornée d’une étoile, porte la mention « Bière blonde du Cameroun », tandis que le slogan de la campagne affirme que Mboa est « la bière de notre terre ».
Au-delà du produit, Boissons du Cameroun a fait de ce lancement un argument de local content. « Mboa, c’est le local content », martèle-t-on, non sans reconnaitre que rappelant que l’entreprise avait déjà engagé cette démarche avec la marque Manyan. Selon le groupe, la stratégie repose sur quatre piliers complémentaires, à commencer par le développement des approvisionnements locaux, dont les chiffres présentés par la société sont significatifs. Boissons du Cameroun indique acheter 3 000 tonnes de gritz de maïs auprès de MAISCAM, soit la totalité de la production de ce transformateur, et mobiliser 1 512 producteurs agricoles. Le groupe affirme aussi avoir acheté 12 000 tonnes de sorgho auprès de producteurs camerounais, avec l’objectif de porter à 60 % la part du contenu local.
« Quand on parle du maïs local, on parle des acteurs locaux qui sont en amont de la chaîne, et nous encourageons l’agriculture locale à travers les marques que nous lançons », souligne ce brasseur, qui revendique la première place dans ce segment économique. Le gritz de maïs, de l’avis d’experts, constitue l’un des principaux intrants de la production de bière. Selon le groupe, ces indicateurs traduisent « une volonté constante de substituer progressivement des approvisionnements camerounais aux importations et de maintenir davantage de valeur ajoutée sur le territoire ».

Le deuxième pilier concerne le verre et l’économie circulaire. Via sa filiale SOCAVER, présentée comme l’unique verrerie d’Afrique centrale, Boissons du Cameroun dit avoir fabriqué localement 45 000 tonnes de verre. L’entreprise précise que le verre, composé de sable, de calcaire et de groisil, est recyclable à 100 % et à l’infini. « Notre verre, c’est notre histoire, parce que nous le produisons ici. SOCAVER revendique un modèle reposant à plus de 90 % sur l’économie circulaire.
La société a par ailleurs rappelé avoir fait réhabiliter en juillet 2023 le four numéro 1 de SOCAVER, d’une capacité annuelle de fusion de 15 000 tonnes. Cet équipement doit accompagner la hausse de la demande en bouteilles et en casiers et réduire les importations de verre des entreprises installées au Cameroun. Il s’inscrit, selon Boissons du Cameroun, dans la politique nationale d’import-substitution, fondée sur le principe de « consommer ce que nous produisons et produire ce que nous consommons ».
Le troisième pilier touche à l’emploi et aux compétences. Boissons du Cameroun revendique près de 5 000 emplois directs, avec l’ambition d’atteindre 6 000, et plus de 100 000 emplois indirects dans la distribution, le transport, le commerce et les services.

L’entreprise évoque aussi 900 PME intégrées à la chaîne de valeur. Pour Mboa, la capsule et l’habillage sont produits sur place, notamment avec l’imprimeur MultiPrint. « Mboa est camerounaise parce que sa capsule et son habillage sont également produits ici, avec nos partenaires locaux », souligne Boissons du Cameroun.
Le quatrième pilier porte sur l’outil industriel. Le Groupe brassicole indique mener des travaux continus dans ses usines de Douala, Yaoundé, Bafoussam et Garoua, afin d’accroître les capacités d’embouteillage, de moderniser les équipements et de garantir une disponibilité régulière des produits. « Nous offrons aux Camerounais pas seulement une bière, mais une histoire d’engagement qui se perpétue, afin que notre pays vive de ce qu’il produit », confie l’entreprise.









